Centre de séjour surveillé de Sorgues

par Jean-Pierre Locci et Catherine Fina-Reversac

Présentation

Cotes extrêmes

12 W 1-28

Intitulé

Centre de séjour surveillé de Sorgues

Dates extrêmes

1944-1946

Description physique

Type

Document d'archives

Nombre d'articles

28

Métrage linéaire

1,80

Origine

Centre de séjour surveillé de Sorgues

Éléments historiques

À la Libération, en août 1944, le Gouvernement provisoire est confronté à la question de l'épuration. Partout sur le territoire national, des camps d'internement de civils sont ouverts : les collaborateurs et les personnes estimées « dangereuses pour la défense nationale ou la sécurité publique » y sont retenus selon « une mesure exceptionnelle de police préventive ».

Le centre de séjour surveillé de Vaucluse est créé le 5 décembre 1944 par arrêté préfectoral qui prévoit l'ouverture du centre le 7 décembre 1944, plus de trois mois après la Libération. Le camp fonctionne effectivement à compter de la mi-décembre 1944.

Implanté à Sorgues, dans le quartier Poinsard, il prend place sur des baraquements proches de la poudrerie de Sorgues, qui ont servi aussi à accueillir "la main d'oeuvre indigène de complément" essentiellement des Indochinois.

Le camp est mis à la disposition du ministère de l'Intérieur, mais sa situation juridique est imprécise, la direction de la poudrerie fait état d'instructions reçues de son administration pour récupérer les installations afin d'y loger les familles d'agents qui y travaillent. Ce malentendu sera réglé lors de la 39e séance du comité de Libération du 12 janvier 1945.

Mais le camp ne répond pas aux exigences d'accueil de détenus, et les détenus sont placés au garage Matteï à Cavaillon puis transférés à Avignon à la prison Sainte-Anne.

Le camp nécessite des travaux sur la base de devis approuvés par l'architecte départemental, dont le remplacement de fenêtres, la réfection des portes, l'éclairage du chemin de ronde ou l'installation du téléphone. Ces travaux réalisés, il s'avère que les budgets de fonctionnement ne sont pas suffisants.

Paul Faraud, président du comité de Libération émet le voeu qu'une somme d'un million de francs soit mise à la disposition du camp de Sorgues, dont les besoins en fonctionnement sont importants (installation et réfection du bâtiment, frais de personnel, frais d'alimentation des détenus), si bien que pour l'exercice 1945, le préfet prévoit un budget de 12,6 millions de francs.

À quelques jours de 1945, la direction du camp se dit prête à recevoir jusqu'à 2800 internés en capacité maximum.

C'est le commandant Maurice Calvet, ancien FFI, qui est placé à sa tête provisoirement, dès début 1944, puis confirmé par un arrêté du 19 avril 1945. Les membres du personnel, souvent des anciens résistants, sont très durs à l'égard des internés collaborateurs ou allemands et sont punis pour leurs comportement pouvant aller jusqu'à des sévices corporels.

Les détenus incarcérés sont des détenus politiques, des miliciens devant être transférés devant les cours de justice ou des prisonniers allemands.

Les effectifs passent de 264 en février 1945 à 634 en septembre avant de décroître. Début décembre 1945, les effectifs sont proches de 250 internés, ce qui représente alors l'effectif le plus important des camps encore en fonction dans la région.

Les nationalités les plus représentées sont les nationalités française en grande majorité, allemande et italienne, et 3 % pour les autres pays européens.

Les catégories professionnelles les plus représentées sont les artisans et les commerçants (31 %) ainsi que les employés (15%).

Le centre de séjour surveillé est dissous en décembre 1945.

C'est le camp pénitentiaire de Sorgues qui lui succèdera en janvier 1946. À son ouverture il semble bien que des détenus du centre de séjour surveillé aient été maintenus.

Informations sur les modalités d'entrée

Versement

On trouvera dans le fonds

Création et fonctionnement, dissolution (1944-1948) ; comptabilité (1944-1946) ; bâtiments et matériel (1945) ; personnel (1944-1946) ; détenus (1944-1946).

Modalités d'accès

Fonds communicable

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Sources complémentaires hors archives départementales de Vaucluse

Archives nationales, archives de l'inspection générale des camps d'internement (1940-1964) :

F/7/15109 dossier 2, Camp de Sorgues (1945-1946) : correspondance relative à l'administration générale du camp, compte rendu d'inspection, rapport du préfet, plan (janvier-novembre 1945), correspondance relative à la liquidation du camp, rapport comptable, compte rendu de liquidation, inventaire du matériel, procès-verbal de perte de matériel (janvier-juin 1946).

Bibliographie

Duguet (Laurent), "Le camp d'internement de Sorgues : décembre 1944-décembre 1945", dans Études sorguaises, 26e publication, 2015, p. 91-100.

Duguet (Laurent), Incarcérer les collaborateurs, dans les camps de la Libération 1944-1945 Paris, éditions Vendémiaire, 2015, 347 p.

Rédacteur de la description

Catherine Fina-Reversac

Date de création de la description

vendredi 20 juillet 2007

Date de dernière modification de la description

mardi 10 avril 2018

Mots-clés

Contenu

Informations bibliographiques

Informations de publication

Déclaration de titre

Titre : Centre de séjour surveillé de Sorgues
Sous-titre : Répertoire numérique de la sous-série 12 W
Auteur : par Jean-Pierre Locci et Catherine Fina-Reversac

Déclaration de publication

Éditeur : Archives départementales de Vaucluse
Adresse : Avignon
Date : 2007, 2017

Profil

Création : Instrument de recherche produit au moyen du logiciel Arkhéïa Aide au classement de la société Anaphore sarl, version 8-7.2 du mercredi 6 septembre 2017 . Date de l'export : mardi 10 avril 2018 (16:59 h)
Langue : Instrument de recherche rédigé en français