Couvent des Ursulines d'Avignon sous le titre de la Présentation Notre-Dame dites royales

par Blandine Silvestre

Présentation

Cotes extrêmes

95 H 1-90

Intitulé

Couvent des Ursulines d'Avignon sous le titre de la Présentation Notre-Dame dites royales

Dates extrêmes

1544-1792

Description physique

Type

Document d'archives

Nombre d'éléments

90 articles

Métrage linéaire

2,04

Origine

Couvent des Ursulines de la Présentation Notre-Dame d'Avignon dite royales

Éléments historiques

Sous l'impulsion du Père de Rez, supérieur de l'Oratoire de Provence et d'Anne de Luynes, supérieure de la communauté congrégée des Ursulines de Pont-Saint-Esprit, une nouvelle maison est fondée à Avignon dans le premier quart du XVIIe siècle.

Avec le consentement du vice-légat Mgr du Nozet, le 17 mars 1623, les sœurs Anne de Beaumont et Françoise Gorgeron viennent à Avignon pour y trouver une maison en location où établir la congrégation.

Le 24 avril suivant, la mère de Luynes, accompagnée de Gabrielle du Roure, Lucrèce de Gastineau et Jeanne Fournier, procède à son installation, approuvée, le 24 mai, par Mgr Etienne Dulci, archevêque d'Avignon.

Les sœurs ursulines prennent en location une maison dans la paroisse Saint-Geniès donnant sur la grand rue (de la Bonneterie) et la traverse des « Enfoux » appartenant à M. Nini de Claret. Le 21 janvier 1624, elles obtiennent quittance de l'année de loyer qui doit s'achever au 17 mars suivant.

Dès le 7 mars, elles louent l'ancienne Maison du Roy René, propriété de Catherine de Meuilhon de Bressieux, comtesse douairière de Suze, veuve de Rostaing de la Baume, avant de l'acquérir le 17 juillet 1625. Le rapport d'estime établi au début du mois d'août, révèle l'état de délabrement prononcé des bâtiments. Les réfections urgentes sont aussitôt entreprises.

Dès 1633 des travaux d'embellissement sont commandés à Jean-André Borde, architecte, sur des dessins de M. de La Valfenière dans l'église « de Sainte-Ursule dite de Luynes ». Jean Deleutre, chanoine et sacristain de l'église collégiale et paroissiale Saint-Symphorien désigne le monastère des Royales comme son héritier universel, le 5 juillet 1636. Décédé le 8 juillet 1637, il est enseveli, selon ses dispositions testamentaires dans l'église des religieuses qu'il a contribué à édifier.

La maison de Cambis faisant face à celle des Ursulines, de l'autre côté de la rue allant de la Bonneterie à Sainte-Claire, est acquise le 13 novembre 1636. Deux arcs enjambent la rue, joignant les deux parties de la propriété des Ursulines. La visite pastorale de Mgr Dominique de Marinis en janvier 1651 précise la destination de l'ancienne maison de Cambis : il y est dit que le pont est « le passage pour aller au quartier des filles pensionnaires ».

L'ensemble sera complété jusque dans la première moitié du XVIIIe siècle par l'acquisition de petites maisons contiguës à l'enclos des Ursulines pour l'aménagement d'espaces domestiques et l'affermissement de la clôture.

Le procès-verbal de cette même visite pastorale souligne la qualité des tableaux et du mobilier liturgique des Ursulines, le soin porté à la tenue de leur maison. En matière d'architecture, elles feront appel aux plus grands noms de la profession pendant deux siècles.

Une grande campagne de construction est entreprise entre 1685 et 1687 pour la réalisation d'un bâtiment sur deux étages desservis par des galeries et un escalier, confiée à Jean Rochas et ses fils, auteurs des plans et élévations.

Entre 1707 et 1709 une seconde tranche comprenant un grand escalier est confiée à François et Jean-Baptiste Franque, père et fils, encore qualifiés de maçons, placés sous la direction de Pierre Mignard dit le « chevalier Mignard architecte nommé et élu par les parties pour avoir soin de la conduite dudit bâtiment ».

Selon l'esprit de la bienheureuse Angèle Merici, les Ursulines s'employaient à l'éducation chrétienne des filles. Elles demeurèrent sous le régime séculier, avec vœux simples et sans clôture, jusqu'en 1637. Mais face aux difficultés de recrutement, aggravées par l'arrivée des Augustines dont la clôture inspira une confiance plus grande aux familles d'Avignon, Lucrèce de Gastineau supérieure, se résolut à demander à Mgr Filonardi la transformation de la congrégation en couvent de clôture papale avec vœux solennels. Le 5 février 1637, les Ursulines firent profession, en vertu de la bulle obtenue du pape Urbain VIII autorisant l'archevêque Mgr Filonardi " à réduire la maison en forme de monastère… sous l'invocation et tiltre de la Présentation de la Saincte-Vierge ". Le couvent dit Avignon-les-Royales parce qu'issu de celui de Pont-Saint-Esprit reconnu de fondation royale par Louis XIII, contribua entre 1638 et 1645 à la même évolution pour les congrégations d'Apt, L'Isle, Martigues, Saint-Rémy et Pertuis.

En 1643, les Royales, achetèrent le collège des Bénédictins de Saint-André de Villeneuve et y installèrent trois ans plus tard le couvent des Ursulines de Saint-André dont elles se séparèrent en 1672.

À la fermeture du couvent des Augustines, en 1768, plusieurs religieuses furent intégrées dans les couvents d'Ursulines avignonnais.

Déjà affaibli par la peste de 1720 et la banqueroute de Law, puis concurrencé par d'autres congrégations féminines enseignantes, le couvent des Ursulines royales de la Présentation Notre-Dame fut supprimé par la Révolution, en 1792.

Estimé par Ange Alexandre Bondon le 11 floréal an II (30 avril 1794), l'ensemble est ainsi décrit : « un très grand bâtiment solidement bâti, à trois étages sur rez-de-chaussée, avec un grand escalier suspendu ; un jardin au midi de ce bâtiment ; une petite maison indépendante et ayant entrée particulière rue de la Masse et l'arc franchissant la rue Hercule que l'acquéreur sera tenu de faire abattre. »

Modalités d'entrée

Séquestre révolutionnaire

On trouvera dans le fonds

Règle et constitutions, bulles (1637-1739), privilèges indulgences (1623-1768), visites (1650-1713), élections, professions, réceptions (1623-1790), pensionnaires (1637-1640), titres, capitaux, pensions, successions, fondations (1544-1788), comptes (1623-1792), comptes et correspondance des procureurs (1679-1788), quittances (1602-1792), procédures (1634-1783), bâtiments (1587-1791).

Poursuivre votre recherche en ligne

Situer : "Couvent des Ursulines royales d'Avignon" dans son contexte

Sources complémentaires

Aux archives départementales de Vaucluse

Fonds de l'archevêché

Visites pastorales

1G 304 : Mgr Dominique de Marinis (1650), f° 422.

1G 304 : Mgr Dominique de Marinis (1666), f° 425.

1G 309 : Mgr Hyacinthe Libelli (1677), f° 164.

1G 310 : Mgr Laurent de Fiesque (1693), f° 93.

Élection de mère supérieure, exploration, interrogatoire en vue de la réception religieuse

1 G 367-380 (1631-1790).

Domaines nationaux

Fonds du district d'Avignon ou de Vaucluse

3 Q 12 : procès-verbaux d'estime des biens d'églises et communautés religieuses d'Avignon (18 août 1792-21 thermidor an III).

3 Q 25 : procès-verbaux d'adjudication de première origine. Tome 1 (12 mars 1793-9 nivôse an II) fol.98 : terres à la Gloriette.

3 Q 26 fol, 125 : procès-verbaux d'adjudication de première origine. Tome 2 (8 ventôse an II-29 ventôse an III) fol. 125 : maison et jardin rue de la Masse.

3 Q 37 : registre général des ci-devant corps et communautés de religieuses d'Avignon où se trouvent des états de leurs revenus, de leurs biens, meubles et immeubles, charges... d'après les états dressés par les commissaires nommés par le Conseil de Ville d'Avignon (1792) fol. 196.

Registre des ventes de biens faites par l'administration centrale

1 Q 62 tome 8, n° 46 : couvent rue de la Masse.

1 Q 63 tome 9, n° 1 : terres au Grand Riban.

Hors archives départementales de Vaucluse

Bibliothèque municipale d'Avignon

Ms 1681 Nom des habitants de la ville d'Avignon en 1795, par îles, rues, maisons (1795), fol. 162.

Ms 1738 Recueil des épitaphes et inscriptions qui sont dans les différentes églises de cette ville d'Avignon fait et achevé en MDCCL par R.P. Jean Raymond Deveras, prêtre et chanoine de l'église collégiale et paroissiale de Saint-Pierre d'Avignon, f° 345-347.

Ms 2817 Recueil de pièces sur le clergé d'Avignon. Tome II, fol. 157. "Histoire de notre séparation d'avec nos sœurs de Saint-André en 1671"(Bibl. Requien).

Ms 5607 Marcel (Adrien), Dictionnaire des rues d'Avignon, fol.599-607.

Bibliographie

Geraud (Marthe), sœur Marie du Saint-Esprit. Aux origines des Ursulines en France. Compte-rendu de recherches. Lyon, 1999-2000, cahiers avec bibliographie.

Gueudré, mère Marie de Chantal, Histoire de l'ordre des Ursulines en France, 2 vol., Paris, 1958-1960.

Sarre (Alain), Vivre sa soumission. L'exemple des Ursulines provençales et comtadines (1592-1792). Paris, 1997, 671 p.

Date de création de la description

mardi 5 juin 2012

Date de dernière modification de la description

jeudi 25 octobre 2018

Mots-clés

Contenu

Informations bibliographiques

Informations de publication

Déclaration de titre

Titre : Couvent des Ursulines d'Avignon sous le titre de la Présentation Notre-Dame dites royales
Sous-titre : Répertoire numérique détaillé
Auteur : par Blandine Silvestre

Déclaration de publication

Éditeur : Archives départementales de Vaucluse
Adresse : Avignon
Date : 2018

Profil

Création : Instrument de recherche produit au moyen du logiciel Arkhéïa Aide au classement de la société Anaphore sarl, version 8-9.2 du vendredi 2 mars 2018 . Date de l'export : vendredi 26 octobre 2018 (09:30 h)
Langue : Instrument de recherche rédigé en français