Commune d'Avignon • 1125-XXIe siècle Voir dans l'inventaire Ajout à votre panier

On trouvera dans le fonds

Fonds ancien. -

Les "grandes archives", inventoriées en 1725 par le secrétaire Claude Pintat et réunies dans 95 boîtes layettes, renferment 3542 pièces ou groupes de pièces du début du XIIIe siècle au XVIIIe siècle concernant les sujets les plus divers : titres de la ville, conventions, privilèges et actes des papes et des rois de France, juridictions, finances, domaine et directes, péages, police, hôpitaux et oeuvres charitables, impositions, guerres, commerce et douane, Rhône et Durance, droits, gabelles et poids, etc. Auxquels on a joint des papiers d'origine privée et d'affaires, les fonds Textoris et Lartessuti (1322-1543).

Le fonds jadis dénommé des "petites archives" qualifie davantage les archives de gestion des consuls, des trésoriers, du secrétaire et des officiers municipaux ; il regroupe près de 3000 registres ou liasses d'archives, répartis dans les séries AA à II du cadre de classement, représentant 190 mètres linéaires ; les documents les plus anciens datent, en copie, de 1157, et les plus récents de 1790. On y trouve naturellement les statuts de la ville, des cartulaires et bullaires, des mémoriaux et cérémoniaux, les livres de la correspondance et les lettres reçues ou écrites par les consuls depuis 1368, et de façon continue pour les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Les délibérations du conseil de ville, présentes seulement pour cinq années de la période pontificale avignonnaise (1372-1376), sont complètes de 1446 à 1790 et munies de tables dressées dans les années 1745-1746. Particulièrement imposante est la série des affaires financières : les "cadastres" ne sont représentés que par celui de 1595-1596, mais les registres et les pièces justificatives des comptes des trésoriers généraux se succèdent sans interruption depuis 1458 jusqu'à la Révolution ; ils sont complétés par les comptabilités particulières des blés (1431-1790), des gabelles (1376-1790), des vins (1375-1789), du poisson (1652-1711), de la boucherie (1544-1736), des nouvelles impositions (1709-1789), des enchères des fermes (1601-1788) ; les livres de l'État concernent les emprunts, les dettes et les capitaux (1444-1788). Le terroir de la ville est caractérisé par les limites du Rhône et de la Durance, avec les droits sur les îles et les "créments" laissés sur les rives par les cours d'eau (1307-1779). La ville possède des directes et prélève des cens sur les particuliers disposant de maisons et de terres ; elle le dispute en cela avec la Chambre apostolique, pour le souverain, au moins jusqu'à la transaction établie avec le pape en 1759 : de nombreux livres terriers, de directes et de reconnaissances établissent ces droits (1380-1791). La gestion municipale des eaux, des endiguements, des "palières" (défenses contre le Rhône) et des "chaussées" de la Durance constituent d'importants ensembles documentaires, avec les biens communaux et la voirie. Les affaires militaires réunissent encore des pièces comptables liées aux contingents de soldats, aux garnisons et aux fournitures des armées, tout particulièrement durant le siège du palais et la guerre des Catalans (1399-1411), mais aussi au temps des guerres du XVIe siècle et jusqu'à la réduction de la garnison italienne, après la paix d'Alès (1629). Les procès pour la propriété du Rhône et de la Durance, entre le pape et le roi, font l'objet de gros registres jusqu'au terme de ces contentieux, du moins sur le strict plan judiciaire, au début du XVIe siècle pour le premier, au XVIIe siècle pour le second ; mais les affaires judiciaires sont caractérisées également par les procès de la ville avec des particuliers (1445-1774), les relations avec les autorités judiciaires, l'exercice de la police par les maîtres des rues (1563-1730). Les papiers concernant les relations avec les ordres religieux, les confréries, les collèges et l'université, les hôpitaux et oeuvres charitables traduisent les liens anciens de l'organisation municipale à ce sujet ; des sous-fonds concernent la gestion des temps de crise au premier rang desquels les pestes, dont la grande peste de 1721 ayant suscité la mise en place d'une véritable organisation sanitaire ; quant à la collection des registres d'actes de catholicité des sept paroisses de la ville, dont les plus anciens remontent à 1499, leur présence dans le fonds communal s'explique par les séquestres provoqués par le décret du 20 septembre 1792 sur la création de l'état civil. L'approvisionnement, le commerce, la boucherie, sont largement documentés, pour la période moderne. L'administration consulaire s'exerce enfin par la voie de l'office de secrétaire de la ville, confié à un notaire ; les actes des notaires-secrétaires figurent sous forme de brèves et d'étendues, puis de registres d'actes depuis le milieu du XVe siècle, avec quelques registres isolés plus anciens. Des papiers de famille, sans lien avec le fonds communal, et parfois des fonds constitués d'archives privées (famille Henrici) sont présents en complément.

Fonds moderne et contemporain. -

En dépit de quelques lacunes touchant les registres de correspondance du maire au XIXe siècle ou les recensements de population, le fonds moderne et contemporain est également bien représenté et se révèle d'un grand intérêt : les archives de la période révolutionnaire ont fait l'objet d'un inventaire particulier, et renferment des sources essentielles pour l'histoire de la "révolution d'Avignon" de 1790-1791, jusqu'à la réunion à la France. Les délibérations municipales modernes prennent la suite de celles du conseil de ville, et s'enchaînent jusqu'aux périodes les plus récentes. Les budgets et comptes prennent également la suite des séries d'Ancien Régime, mais les pièces justificatives de la comptabilité municipale n'ont pas été conservées de façon aussi exhaustive. A l'inverse, les séries concernant les bâtiments communaux, le cadastre, la voirie, l'urbanisme et les grands travaux, l'assainissement, et plus récemment la construction et le logement, sont d'une grande richesse et permettent de suivre l'évolution du bâti et l'extension de la ville. Les fonds contemporains, par des versements réguliers, poursuivent les ensembles documentaires liés aux compétences et attributions municipales traditionnelles mais en diversifiant encore ce patrimoine archivistique municipal, que viennent compléter plusieurs fonds privés et iconographiques.

Description physique

Métrage linéaire

3110,48

Situation du fonds

Fonds déposé de 1197 à 1790 aux archives départementales et conservé pour les fonds moderne et contemporains aux archives municipales d'Avignon

Éléments historiques

Avignon doit son statut original à la présence du siège de la papauté, de 1309 à 1403. La ville, jadis de la mouvance du Saint Empire, ancienne possession des comtes de Toulouse (sous la domination desquels elle fut dotée d'un consulat), puis des comtes de Provence de la maison d'Anjou, n'est entrée dans le patrimoine du Saint-Siège qu'en 1348 lors de son achat par le pape Clément VI à la reine Jeanne de Naples. Elle demeura possession pontificale bien au delà de l'époque de la résidence des papes, jusqu'à sa réunion définitive à la France, par le décret du 14 septembre 1791, non sans avoir connu aux XVIIe et XVIIIe siècle trois occupations françaises temporaires.

En 1433, Avignon est érigée en légation, avec à sa tête un cardinal légat, qui résida au palais apostolique. Sans être véritablement une "ville-État" puisque les pouvoirs demeurèrent nettement séparés entre les autorités consulaires de la ville et celles de la légation, représentées à partir du milieu du XVIe siècle par un vice-légat permanent en résidence à Avignon, l'État pontifical d'Avignon resta séparé du Comtat Venaissin, également possession pontificale ; son territoire fut limité à la seule ville aux sept paroisses, enfermée dans son enceinte du XIVe siècle, avec son terroir délimité d'une part par le Rhône et la Durance, et d'autre part par les collines de Morières qui avec le bourg de Montfavet, firent partie intégrante de la ville durant tout l'Ancien Régime.

La Révolution qui instaura très tôt une municipalité "à la française" puis introduisit les nouvelles lois de la France, apporta son lot de nouveautés dans le ressort territorial, avec l'érection en commune du bourg de Morières, par un arrêté du représentant du peuple du 26 messidor an II ; mais cette mesure ne dura qu'une année et fut rapportée en fructidor an III.

Par la suite, le territoire communal fut à nouveau amputé par une nouvelle création de la commune de Morières en 1870 et par celle du Pontet en 1925. Antérieurement, Avignon avait reçu l'île de la Barthelasse, détachée du Gard en 1856.

La ville, déjà siège de la nouvelle administration départementale lors de la création du département de Vaucluse en 1793, fut confirmée dans ses fonctions de chef-lieu du département en 1800.

Modalités d'entrée

Dépôt (1887) aux archives départementales ; versements aux archives municipales.

Inventaire à consulter

Inventaire sommaire des archives communales antérieures à 1790 de la ville d'Avignon d'après l'inventaire de Claude Pintat. Grandes archives, par F. Achard et L. Duhamel. Avignon, 1953, 273 p.

Inventaire sommaire des archives communales antérieures à 1790 de la ville d'Avignon. Série AA, par L. Duhamel. Avignon, 1906, XV-382 p.

Répertoire numérique des archives communales d'Avignon antérieures à 1790 déposées aux Archives départementales [séries BB à II], par C. F. Hollard et F. Chauzat. Avignon, 1995, 182 p.

Répertoire numérique des archives municipales d'Avignon. Documents de l'époque révolutionnaire, par A. Autrand, L. Duhamel et J. de Font-Réaulx. Avignon, 1955, XX-119 p.

Fonds modernes, contemporains et privés :

Le site Internet des archives municipales d'Avignon (www.archives.avignon.fr) permet la recherche, la consultation d'inventaires et d'images en ligne.

Bibliographie

[Ouvrage collectif], Histoire d'Avignon. Avignon, Edisud, 1979.

Gagnière (S.), Granier (J.), Avignon de la Préhistoire à la papauté. Avignon, 1970.

Girard (J.), Évocation du vieil Avignon. Paris, éd. de Minuit, 1958.

Leroy (N.), Une ville et son droit. Avignon, du début du XIIe siècle à 1251. Paris, de Boccard, 2008.

Labande (L.H.), Avignon au XVe siècle. Monaco-Paris, 1920.

Venard (M.), Réforme protestante, réforme catholique dans la province d'Avignon au XVIe siècle. Paris, Cerf, 1993.

Charpenne (P.), Histoire des réunions temporaires d'Avignon et du Comtat à la France. Paris, 1885, 2 vol.

Moulinas (R.), Histoire de la Révolution d'Avignon. Avignon, 1986.

Flauraud (V.), Avignon vingtième siècle. Avignon, Bénézet, 2009.

Mots-clés

Cotes extrêmes : FRAD084_E Dépôt Avignon FRAC084007 Archives communales d'Avignon Bibl. mun. Avignon ms.1608, 2393-2394, 2670, 2840, 2833-2834, 2836-2837, 3179-3180

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