Consistoire de l'église réformée d'Orange • 1610-1792 Voir dans l'inventaire Ajout à votre panier

On trouvera dans le fonds

Actes de baptêmes, mariages et sépultures réformés (1610-1703 ; 1763-1770), livres des comptes pour les pauvres d'Orange (1772), honoraires du pasteur, comptes, correspondance, actes "au Désert" (1759-1775).

Description physique

Nombre d'articles

10 articles

Situation du fonds

Fonds clos

Éléments historiques

L'implantation de la Réforme dans la principauté d'Orange à partir du milieu du XVIe siècle doit beaucoup à la dynastie des princes de la maison de Nassau, eux-mêmes acquis au protestantisme ou favorables à la liberté des cultes. Les premiers signes de la présence protestante dans la principauté se situent dans les années 1540, mais les progrès sont manifestes après la restitution de la principauté à Guillaume Ier en 1559 ; ce prince par l'édit de Bréda (6 juillet 1561) permet l'exercice du culte protestant. Or, à la Toussaint 1561, Orange passe complètement à la Réforme et les églises de la ville, dont la cathédrale - que l'évêque et les chanoines doivent fuir - sont affectées au culte réformé. Un conseil ou consistoire "des anciens de l'Eglise d'Orange" est attesté dès 1562. Un autre édit, de janvier 1562, proclame cependant la liberté de conscience et rétablit le culte catholique. A partir de 1561, la guerre entre papistes et huguenots éclate et pillages comme massacres se succèdent : le 6 juin 1562, les troupes royales et pontificales prennent Orange ; la ville est mise à sac. Le parti réformé n'en progresse pas moins dans les régions voisines du Comtat Venaissin ; Orange redevient place-forte du protestantisme. Sous l'administration des princes, la cohabitation des deux confessions s'organise, alors que la situation militaire et politique reste confuse en dépit de l'édit de pacification d'août 1570 ; d'autres massacres sont perpétrés, le catholicisme est à nouveau proscrit en 1572, Orange fait toujours figure de refuge pour les protestants du Comtat et de France. Ludovic de Nassau restaure l'université et le collège-académie auxquels sont rattachés les pasteurs, tandis que les principales fonctions civiles sont aux mains des protestants jusqu'à l'édit du prince Philippe-Guillaume d'août 1607 qui proclame l'égalité des deux confessions et organise à Orange pour tout le XVIIe siècle un système original bi-confessionnel dans l'administration, le gouvernement, les cultes, l'enseignement, la justice, la charité, etc. Devenue véritable place-forte militaire par les travaux de fortifications de Maurice de Nassau, Orange demeure une "petite Genève" par l'hospitalité accordée aux protestants réfugiés. Au petit temple Saint-Martin, ancienne église affectée au culte réformé, s'ajoute un nouvel édifice : c'est le grand temple, édifié en 1633 sous le prince Frédéric-Henri, par le gouverneur Christophe de Dohna. Après 1660, les protestants d'Orange sont aux prises aux velléités de Louis XIV qui ne peut supporter cette présence d'une enclave réformée dans son royaume, et met en oeuvre une politique "de réunions". A plusieurs reprises, sous la minorité de Guillaume XI de Nassau (devenu en 1688 Guillaume III d'Angleterre), des occupations militaires placent Orange sous le roi de France (1661-1665 puis à nouveau 1673-1678). La révocation de l'édit de Nantes en 1685 provoque une arrivée massive d'émigrés protestants dans la principauté ; en octobre 1685, une nouvelle occupation militaire française entraine l'abolition du culte réformé, la démolition des deux temples, les persécutions systématiques à l'encontre de ceux qui refusent d'abjurer. La paix de Ryswick restitue en 1697 la principauté d'Orange aux Nassau ; les "nouveaux convertis" reviennent à leur culte, les pasteurs rentrent à Orange et un temple est immédiatement reconstruit ; les travaux sont réalisés en 1698-1699. Durant cinq années, de 1697 à 1702, Orange est à nouveau la "petite Genève". La mort de Guillaume III en mars 1702 suscite la mainmise du roi de France sur l'enclave orangeoise ; le 10 février 1703, les troupes royales entrent dans la ville, chassent les réfugiés, désarment les protestants et interdisent le culte réformé. Un exil forcé attend une grande partie des Orangeois protestants jetés en quelques mois sur les routes de la Suisse et des principautés allemandes. Ceux qui restent n'ont pas d'autre choix que de se convertir. Le protestantisme orangeois entre alors dans une longue période de vie "au Désert" de plusieurs décennies, en attendant une semi-tolérance dans les années 1760 et l'édit de 1787 qui accorde une reconnaissance légale. Depuis 1770, des pasteurs sont présents de manière régulière, et une réorganisation de la charité sinon du culte semble bien avoir été mise en place dans la décennie 1780.

Les archives du consistoire protestant d'Orange sont malheureusement perdues, victimes des destructions et autodafés qui ont suivi la révocation de l'édit de Nantes en 1685 ; il n'en subsiste que des épaves, principalement dans les collections de manuscrits de la bibliothèque d'Avignon. Seuls les registres de baptèmes, mariages et sépultures ont pu être conservés depuis 1610 ; des cahiers d'actes (clandestins ?) de 1763 à 1792, rédigés par le pasteur d'Orange et à partir de 1773 sur papier timbré, ont également été préservés.

Modalités d'entrée

Séquestre et don

Inventaire à consulter

Inventaire des archives communales anciennes d'Orange. Orange, milieu XIXe s.

Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France. Départements. Tomes XLIX : Aix-Arles-Avignon (suppléments). Paris, Bibliothèque nationale, 1951, p. 134-435 [ms. 4330-5844]

Sources complémentaires aux archives départementales de Vaucluse

2 E 25/81 : "journal de la bâtise" du nouveau temple d'Orange (1698-1701)

1 E 87/15-16 : déclarations des non-catholiques en application de l'édit de tolérance (1788-1792)

Sources complémentaires hors archives départementales de Vaucluse

Archives communales d'Orange : GG 44, 47 : actes de baptêmes, mariages et sépultures tenus par le juge (1737-1792) ; GG 48 : abjurations (1680-1732)

Bibliographie

Arnaud (E.), Histoire des protestants de Provence, du Comtat Venaissin et de la principauté d'Orange. Paris, 1884, 2 vol.

Bernard (G.), dir., Les familles protestantes en France (XVIe s.-1792). Guide des recherches biographiques et généalogiques. Paris, 1987 [Vaucluse, p. 581-587].

Protestants en Vaucluse, XVIe-XIXe siècles. Catalogue d'exposition. Avignon, archives départementales de Vaucluse, 1998.

La Révocation de l'Edit de Nantes. Orange, terre d'accueil. Catalogue d'exposition. Orange, archives municipales, 1985.

Bourrilly (V.L.), "Les Protestants de Provence et d'Orange sous Louis XIV après la Révocation", Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, 1926, p. 364-388, 1927, p. 7-22, 161-180.

Chareyre (Ph.), "Nîmes et Orange : deux villes réformées proches", Mémoires de l'Académie de Vaucluse, 9e série, t. IV, 2006, p. 129-146.

Dubled (H.), "Le protestantisme à Orange", Bulletin des amis d'Orange, n° 76, 1979, p. 9-19.

Feuillas (C.), "L'application de l'édit de tolérance dans la principauté d'Orange", Mémoires de l'Académie de Vaucluse, 8e série, t. VII, 1998, p. 95-104.

Moreil (F.), "La principauté d'Orange. Un carrefour des relations entre France et Provinces-Unies au XVIIe siècle", Entre Calvinistes et Catholiques. Les relations religieuses entre la France et les Pays-Bas du Nord, Rennes, 2010, p. 239-258.

Moreil (F.), "Les consistoires de la principauté d'Orange (XVIe-XVIIe siècles)", Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, t. 153, 2007, p. 505-524.

Moreil (F.), "Les temples de la principauté d'Orange aux XVIIe et XVIIIe siècles", Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, t. 152, 2006, p. 457-479.

Moreil (F.), "Récit de la révocation de l'édit de Nantes dans la principauté d'Orange : les aventures du pasteur Aunet (1685-1697)", Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, t. 147, 2001, p. 425-434.

Mots-clés

Cotes extrêmes : FRAC084087_GG 38-43, 45-46 Bibl. mun. Avignon ms 5236, 5251

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