Principauté d'Orange. Gouvernement des princes • 1231-1731 Voir dans l'inventaire Ajout à votre panier

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Inventaires (1603-1725), territoire, limites, gouvernement, occupation et troubles, péages et traités, fiefs et vassaux (1283-1731), communautés et habitants (1231-1730)

Localisation physique

Archives départementales de Vaucluse
Archives départementales de l'Isère Bibliothèque municipale d'Avignon

Situation du fonds

Fonds clos

Éléments historiques

Au cours de la seconde moitié du XIIe siècle, le territoire de la principauté d'Orange se trouvait presque constitué ; sa composition n'évoluera plus guère après le XIVe siècle, avec la ville d'Orange et les cinq communautés de Courthézon, Gigondas, Jonquières, Suzette, Violès auxquelles s'ajoutaient quelques fiefs comme Derboux, Causans, Montmirail, Châteauneuf-Redortier. Durant un siècle, de 1215 à 1307, par suite de donations et partages, la principauté d'Orange fut en indivision entre plusieurs membres de la famille des Baux. En 1308, le comte de Provence, qui avait récupéré des droits, céda à Bertrand III des Baux ses possessions orangeoises en échange de l'hommage. Ainsi, ses successeurs Raymond IV (1314-1340) et Raymond V des Baux (1340-1393) réunirent la totalité de la principauté que ce dernier put transmettre à sa fille unique, Marie, épouse de Jean de Chalon.

La famille de Chalon, possessionnée en Franche-Comté et en Dauphiné, conserva la principauté d'Orange de 1393 à 1530. Les relations avec le roi de France ou le dauphin furent difficiles, et à plusieurs reprises, la principauté fut saisie par le monarque français, puis restituée à la suite de négociations. Jean II de Chalon obtint la restitution en 1498 de sa pleine souveraineté sur la principauté.

À la mort de Philibert de Chalon (1530), François Ier fut contraint de reconnaître à René de Nassau, neveu de Philibert, puis à Guillaume, son cousin, les droits sur la principauté d'Orange ; ce n'est qu'en 1547 que fut effective la "réintégrande" du prince, pourtant vite à nouveau contestée à la faveur de disputes familiales. Avec la paix de Cateau-Cambrésis (avril 1559), Guillaume de Nassau prit définitivement pied à Orange, tandis que quelques années plus tard, les guerres de religion enflammèrent la région. Après avoir encouragé des mesures de tolérance, Guillaume d'Orange passa ouvertement à la Réforme ce qui provoqua une nouvelle occupation de la ville par le roi de France de 1568 à 1570. L'édit de Saint-Germain (15 août 1570) ouvrit une longue période de calme durant laquelle les princes de la famille de Nassau ne furent pas contestés : à Guillaume le Taciturne (1544-1584) succéda son fils Philippe-Guillaume (1584-1618) qui parvint par son édit de 1607 à instaurer dans la principauté un régime de cohabitation des deux confessions, catholique et réformée, dans un climat de paix civile. Sous ses successeurs, ses frères Maurice de Nassau (1618-1625) et Frédéric-Henri de Nassau (1625-1647), la principauté fut administrée par des gouverneurs, Valckembourg puis les Dohna.

La minorité de Guillaume de Nassau, petit-fils de Frédéric-Henri, né posthume et héritier de la principauté d'Orange en 1650, donna lieu non seulement à des intrigues familiales et locales, mais aussi aux agissements extérieurs d'un Louis XIV, peu enclin à voir se développer une enclave réformée dans son royaume ; celui-ci fit une première mainmise de 1660 à 1665, ordonnant la démolition de la citadelle d'Orange. Sa rivalité ne fit que s'accentuer avec Guillaume de Nassau-Orange, devenu stathouder de Hollande en 1672 puis roi d'Angleterre sous le nom de Guillaume III en 1689. À deux reprises, la principauté d'Orange fut occupée militairement par les troupes françaises en signe de représailles (1673-1678 et 1685-1697). L'occupation de 1685 s'accompagna de l'exécution de l'édit de Fontainebleau, mettant fin au régime des édits de tolérance ; les protestants d'Orange furent persécutés et les temples détruits. Le gouvernement fut alors confié au comte de Grignan, jusqu'à ce que la paix étant intervenue entre les deux souverains, la principauté d'Orange fut restituée à Guillaume III lors du traité de Ryswick du 20 septembre 1697.

Au cours des cinq dernières années du règne de Guillaume III (mort le 19 mars 1702), la principauté d'Orange retrouva son allure de "Petite Genève" et les protestants, leur place dans la cité.

En 1702, Louis XIV fit de suite valoir les droits de "son" prétendant à la succession de Guillaume III, en faisant désigner pour Orange par le Conseil du roi, le prince de Conti, en vertu de ses liens lointains avec les Chalon.

Par le traité d'Utrecht (1713), les prétendants de la famille de Nassau renoncèrent finalement à la principauté en faveur du roi de France. Les descendants du prince de Conti cédèrent eux-mêmes leurs droits en avril 1731. Des lettres patentes de mars 1734 enregistrèrent cette réunion définitive de la principauté d'Orange à la France.

Inventaire à consulter

Archives des princes, de la principauté, du parlement et du conseil de guerre d'Orange. Répertoire numérique détaillé, par Claude-France Hollard. Avignon, 2005. 216 p.

Bibliographie

Hollard (Cl. F.), "Au coeur d'une histoire mouvementée, les archives de la principauté d'Orange (XIIIe-XVIIIe siècles)", Mémoires de l'Académie de Vaucluse, 9e série, t. IV, 2006, p. 17-27.

Pontbriant (A. de), Histoire de la principauté d'Orange. Avignon-Paris-La Haye, 1891.

Antonetti (G.), "Orange-Nassau", in Dictionnaire du Grand Siècle, s. la dir. de F. Bluche. Paris, 1990.

Moulinas (R.), "Orange (principauté)", in Dictionnaire de l'Ancien Régime, s. la dir. de L. Bély. Paris, 1996, p. 930-931.

Gasparri (F.), La principauté d'Orange au Moyen Âge (fin XIIIe-XVe siècles). Paris, 1985.

Leemans (W.), Guillaume de Nassau et la principauté d'Orange. 1544-1559. Haarlem, 1969.

Leemans 'W.), La principauté d'Orange de 1470 à 1580. Une société en mutation. Hilversum, 1986. 2 vol.

Duhamel (L.), "La principauté d'Orange sous les princes de Chalon. Deux sièges d'Orange (1421-1436)", Revue du Midi, 1914, p. 231-242, 287-300.

Duhamel (L.), "La principauté d'Orange au XVIIe siècle", Annuaire de Vaucluse, 1914, p. 1-23.

Moreil (F.), "Orange au XVIIe siècle : une principauté mi-partie", Liame, n° 21, 2011, p. 49-78.

Hachette (G.), "La défense de la principauté d'Orange au XVIIe siècle : entre soucis sécuritaires et lutte pour l'indépendance", Mémoires de l'Académie de Vaucluse, 9e série, t. IV, 2006, p. 39-46.

Ginot (S.), "Une enclave territoriale comme enjeu des relations internationales : la principauté d'Orange entre le Brandeburg-Prusse et la France (1702-1713)", Mémoires de l'Académie de Vaucluse, 9e série, t. IV, 2006, p. 147-156.

Mots-clés

Cotes extrêmes : FRAD084_2 E 25/8-12, 32-76, 121-157 FRAD038_B 3812-3837, 4553 Bibl. mun. Avignon ms 5233-5238

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