Reboisement • 1842-1965 Voir dans l'inventaire Ajout à votre panier

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Le reboisement est l'une des activités les plus essentielles du service des Eaux et forêt aux XIXe et XXe siècles, en particulier sur les versants septentrional et méridional du mont Ventoux. Suite aux lois de 1860 et 1882 sur la restauration des terrains en montagne (RTM), deux périmètres de reboisement y sont respectivement créés dans les forêts domaniales à partir de la fin du XIXe siècle. Le plus ancien, le périmètre du Toulourenc, du nom d'un des affluents de l'Ouvèze, constitué par la loi du 27 juillet 1892 des forêts de Brantes, Beaumont, Saint-Léger, Malaucène, dépend de l'inspection de Montélimar jusqu'en 1930, Le périmètre de la Sorgue est constitué par la loi du 29 juillet 1907 mais désigné sous le nom de " série d'Aurel " dès 1888, du nom de la commune forestière la plus étendue, puis " séries d'Aurel et de Sault " en 1893, après l'achat de cette dernière forêt par l'État. Dans ce dernier périmètre, la sous-inspection de Carpentras déploie l'essentiel de ses moyens, matériels et humains, à son reboisement. D'ailleurs, un service du reboisement a été créé en 1886 à Carpentras, devenu siège d'une " chefferie ", dont le ressort comprend les deux versants du Ventoux, le versant nord ayant été détaché de l'inspection de Montélimar. Mais son existence est éphémère car dès 1888, la circonscription de Carpentras redevient un service ordinaire, qui exerce son activité sur le versant sud du mont Ventoux, le nord revenant à Montélimar.

L'activité forestière dans les périmètres a pour objectif de "couvrir le sol le plus rapidement possible d'un manteau végétal protecteur capable de freiner l'érosion et de régulariser le régime des eaux", d'où le choix d'essences à croissance rapide, tels les résineux.

Dans un de ses rapports datant de cette époque, l'inspecteur-adjoint des Eaux et forêts à Carpentras, Tessier, décrit un important travail de reconstitution de la forêt du mont Ventoux dont " la dénudation était complète " au début du XIXe siècle. Dès 1861, les travaux de reboisement, ajoute-t-il, sont entrepris " simultanément dans tous les terrains communaux ". Ils apparaissent dans les rapports sous la rubrique " reboisements facultatifs ". L'activité du service forestier est soutenue puisque, en vingt ans, pas moins de 3 000 ha de semis truffiers (chênes) sont réalisés, en particulier sur le territoire des communes de Bedoin et Flassan. Toutefois, les préposés sèment ou plantent aussi d'autres essences d'arbres, tels des résineux (pin d'Alep, pin maritime, pin noir, pin à crochet et cèdre en particulier). En 1931, selon l'inspecteur de Monchy, les forêts domaniales forment deux massifs, le Luberon (3 254 ha) et Venasque (214 ha), et deux périmètres de reboisement, le Toulourenc (3 433 ha) et la Sorgue (2 568 ha). Au total, depuis 1860, 14 084 ha sont reboisés (dont 5 246 ha au Ventoux et 8 720 ha dans les forêts communales soumises au régime forestier). Aussi, se satisfait-il dans son rapport, " on peut dire qu'il ne reste plus à l'heure actuelle de vides à reboiser portant sur de grandes étendues ", alors que, en contre-point, seulement 290 ha de bois ont été défrichés depuis 1865.

Mots-clés

Cotes extrêmes : 7 M 359, 411, 441, 11 M 370-413, 1322 W 54-57

Sous-unités (5)